Hongrois tout, on ne sait rien

.

image

.

Resituons le contexte. Depuis quelques temps, j’étais d’humeur chafouine, F1istiquement parlant. Il faut dire que passer mes dimanches après-midi à compter les bévues pirelliesques commençait à me filer une sévère nausée. Des banderilles dans la passion, ces délaminages, puis cette façon qu’a le grotesque de s’immiscer là où on ne l’attend pas est urticante. Passons. Sur ces entrefaites arrive le Grand Prix de Hongrie sur le Hungaroring. Traditionnellement, il faut s’organiser : le spectacle se déroule sur la grille de départ, entre 13h30 et 14h. Les 90 minutes suivantes étant un combat sans merci contre le sommeil. Bref, je m’attendais à l’estocade. Museau ras du sable, muscles raides et souffle court, j’avais renoncé. Pas pour rien que tous les ans, Bernie nous programme Spa immédiatement derrière. Mais ce dimanche, PAN ! Un superbe Grand Prix de Hongrie ! Il y en a un par décennie. Le dernier potable s’est déroulé en 2006 : de la pluie, une sortie de piste sur incident mécanique de la Renault d’Alonso qui semblait parfaite pour relancer un Schumacher qui allait en réalité sauter sur l’occasion pour tout perdre à son tour en se montrant incapable de lâcher une place à Heidfeld… Première victoire de Button sur la BAR. Bref, après cette édition 2013, je recommande donc à tout le monde une impasse jusqu’à l’édition 2020, pour votre bien-être. Vu la qualité du spectacle, on va en prendre pour 10 ans de purge derrière. En tous les cas, je me suis régalé. Hamilton n’a pas volé sa première victoire chez Mercedes. Impérial, l’Anglais n’a pas été inquiété. A ce niveau-là, je reste un peu sur ma faim. L’opposition n’a pas été à la hauteur, car elle avait d’autres objectifs : le titre. Là où on a vu dans le trafic un Hamilton saignant voire sanguinolant, Vettel et Räikkönen ont dû faire plus attention. Sauf entre eux.

Button et McLaren ont donc fait le jeu de leur ancien camarade : Vettel était un poil plus rapide que Hamilton et Räikkönen, mais sa course a été dictée par les secondes lâchées derrière Button et son incapacité à disposer du Britannique. Petite parenthèse : c’est moi où les pendules ont été remises à l’heure chez McLaren ? L’autre donnée, c’était le déventage : sur un tracé comme le Hungaroring, la fenêtre d’attaque est réduite puisque les pneus avant sont ultra sollicités dans ces conditions. Tracé abrasif et très tournant. Soit vous passez vite, soit vous êtes contraint de relâcher la pression jusqu’au prochain train avec un replacement juste au delà de la distance déventage. On a donc vu des pilotes hyper agressifs sur un laps de temps très court (Hamilton, Grosjean, Vettel), d’où un spectacle superbe et des séquences all balls out goûteuses. Je n’ai d’ailleurs compris le régime réservé à Grosjean. Le dépassement à la chicane aurait pu donner lieu à une restitution, mais ce n’est même pas certain : si cut il y a, c’est en raison de la déstabilisation induite par le contact avec Button. Or, c’est du 50/50. Dans le doute, les commissaires auraient dû s’abstenir. Cette histoire de virage 4 est par contre une plaisanterie : dépassement couillu, parfait. La preuve, Vettel échouera au même endroit face à Räikkönen. L’Allemand aurait-il été pénalisé pour une manoeuvre identique ? J’ai le sentiment que Grosjean paie son attitude et sa réputation. C’est trop facile. Surtout quand on voit comment les commissaires ont baissé leur froc à Bahrein l’an dernier quand Alonso et Hamilton ont fait les bouchers hors piste pour passer Rosberg… A tout le monde de s’astreindre à un examen de conscience : Grosjean mais pas seulement. Maintenant, que va t’il se passer ?

A mon sens, une sacrée foire d’empoigne pour le titre de Vice-Champion du Monde entre Räikkönen, Alonso et Hamilton, le seul des trois qui semble maintenant pouvoir être un vainqueur régulier. Le triple Champion du Monde en titre (ça lui va bien) est solidement installé en tête, et semble contrôler la situation avec calme et sérénité. La prise de risques en fin de course face à Räikkönen est à son honneur, mais ne s’imposait pas : l’opération était déjà belle. Mon impression est quand même que le championnat est plié, mais je m’arrête tout de suite : je disais l’année passée la même chose quand Alonso comptait une trentaine de points d’avance ce qui n’a pas empêché le meilleur pilote du plateau par plébiscite de perdre le titre au Brésil. Par expérience, j’adopterai donc une posture moncesque cette fois-ci : rien n’est fait pour Vettel ! Même si mon sentiment personnel est que le binôme Vettel-Red Bull est nettement plus consistant que le duo Alonso-Ferrari de la saison passée. Ou plus exactement, ce sont les poursuivants qui me paraissent moins consistants. Mercedes est la seule qui semble pouvoir rivaliser en vitesse pure, mais d’une part, la W04 reste aléatoirement mais régulièrement une consommatrice de gommes, d’autre part, les deux pilotes vont se prendre des points. Le schéma est inverse pour Lotus. Je ne crois pas une seconde à une domination du duo d’Enstone sous forte chaleur : le rythme en course est une chose, mais partir 6 ou 7 revient à rouler le dimanche avec une dizaine de secondes de handicap sur le premier relais. Vu les écarts actuels, c’est trop, et le vrai souci est que c’est récurrent. A tel point que le rituel arrêt de moins a parfois le goût de l’impuissance. Quant à Ferrari : trop lent. Massa entend siffler ses oreilles, mais il est évident que ses performances sont un symptôme, rien de plus. Aucun signe de progression, ni cette saison, ni d’une saison sur l’autre. J’en reparlerai, car cette situation là ne me paraît pas tout à fait normale. Bonne semaine !

PS : il est pas beau, mon titre ?

Publicités

4 réflexions sur “Hongrois tout, on ne sait rien

  1. D’abord répondons au PS : oui il est beau, pas capillotracté, appartient indéniablement à la Emssetitude.

    je suis presque d’accord avec ta conclusion : un superbe Grand Prix de Hongrie.
    je m’explique, certains règlements sportifs de la FIA sont beaucoup trop vagues et mal ficelés et ne tiennent pas compte des différences physiques inhérentes aux circuits, je veux dire par là que la règle gérant les quatre roues hors de piste a été créée pour circoncire l’action des pilotes à Bahreïn, Abu Dhabi qui sont des tracés peints au milieu de vaste parking dans le désert, du coup cette même règle est bêtement appliqué à un circuit comme la Hongrie reconnu par pratiquement tout le monde comme similaire à Monaco sans les rails. Ce qui fait le jeu de la FIA/FOM stewards et commissaires pour manipuler le résultat des Grands Prix ou appliquer haine vengeresse à l’abri des règlements. Combien d’exemples existent de ces situations ou pilotes et résultats ont été détruits ou favorisés par ces décisions prises à huit-clos.

  2. Salut M7, oui joli titre, facile mais joli titre quand même.
    Cette saison me gonfle, les Ferrari n’avancent pas, donc le populo va nous mettre Fernando en question bien sûr… Faut pas qu’il bouge une oreille et tous ceux qui d’habitude descendent en flammes Maranello sont choqués que le bouillant Ibère fasse quelques réflexions qui ne sont que le fruit de sa frustration….Il y a un problème chez Ferrari et c’est forcément un problème d’organisation, donc de management. Aucune raison objective de penser que leurs ingénieurs ne valent rien, ni que Fernando ne remplit pas son contrat….Aucune raison non plus de penser qu’il leur manque un Newey puisque l’auto n’était pas si mal, simplement elle n’évolue pas, voire elle régresse…. J’attends ton avis là dessus….

  3. @jjpm : merci de ton indulgence pour ma fierté de titre ! Toi au moins tu me comprends ! 🙂 Je te demanderais en revanche une etude sur le concept d’emessetitude qui peut etre interessant a developper. 😀 Je suis d’accord avec toi. Le règlement actuel laisse juste assez de marge pour casser Paul ou Pierre ou relancer Jacques (Brawn) si besoin… Je dirais qu’on a l’habitude maintenant…

    @Ago : Prochain billet. Je pense comme toi a ceci. Le souci de Ferrari, c’est pas les pilotes (même si Fernando ferait mieux de se la fermer ou de réserver ses observations pour l’équipe elle même). Je pense que Ferrari souffre surtout du fait que sa puissance financière n’est plus ecrasante, au contraire. Il va donc être question d’utiliser mieux l’argent. Ce sera le même combat pour McLaren.

    Un exemple : Vettel = 12M. Alonso = 20M€. Hamilton = 20M€. Non seulement Red Bull à plus d’argent mais a mon sens, l’utilise mieux.

  4. je n’hongrois pas que le salaire des pilotes soit une valeur importante dans le budget d’une ecurie comme ferrari , McLaren , Mercedes our RB ; C’est marginal ,

    En revanche , le merdier qui semble regner au sein du team , (organisation ou managment ) nous ramene aux heures les plus sombres de la Scuderia Fiorio et ne laisse rien présager de bon sans une profonde remise en question dans la gestion de cette armée mexicaine .
    Sans parler de l’immense gachis de leur soufflerie qui doit serieusement impacter leur dev .
    Jje me souviens que SD avait embauché le leader de la patrouille acrobatique Italienne pour la gestion du muret !! Qu’est devenu ce brave homme ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s