Le cochon d’Inde

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Je pense pas faire partie des plus virulents avec ce qui devient « le cas Massa ». Mais Massa a offert un week-end que l’on peut qualifier sans risquer de se tromper de « calamiteux ». Dans le pilotage, et dans l’attitude. Car placé sous le signe de la récidive. Et d’un pilote, je comprends toutes les erreurs. Car la limite n’est jamais loin. Mais un pilote qui n’apprend pas, qui ne se ressaisit pas, qui fait en permanence les mêmes erreurs et qui se fourvoie systématiquement… Il y a un souci, et un gros, et je suis persuadé qu’on se dit la même chose chez Ferrari à mesure que la rumeur Rosberg enfle. J’espère pour Schumacher (surtout, j’avoue), Rosberg et Mercedes que Nico y demeurera. Car il poussera Michael (plus qu’un Massa aigri), qui poussera Mercedes… Chez Ferrari, Alonso l’étouffera. Mais revenons-en à Massa, qui nous a fait un week-end de sagouin.

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Regardez le S d’avant, le droite. Et voyez à quel point Massa est déjà très limite sur l’intérieur sur le droite de sortie… La façon dont il attaque le suivant, encore plus fort à l’intérieur, est complètement hallucinante. Une roue entière à l’intérieur du vibreur. Fatalement, ça ne pouvait pas passer.

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En course. Il ne faut pas se leurrer, c’est la même erreur. Très à l’intérieur sur le droite précédent, et lorsqu’il amorce le fameux droite du S, il est parti pour faire la même qu’en qualifs. Arrêtez l’image à pile 0″33. Même cause, même conséquence. Massa ne prend pas le vibreur assez fort pour faire un sort à son triangle (débraque t-il avant pour l’éviter, ce n’est pas net), mais le bumper le renvoit sur l’autre « A toi ! ». Et là, biensûr, point de salut. Détail qui m’a fait sourire : faites attention à la moue de Smedley sur le muret. Il y a tout, sauf de la surprise. « Bon bah voilà, encore. »

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L’incident avec Hamilton est de la même teneur. Quelque chose qui n’aurait jamais dû se produire et ne se serait pas produit avec un autre (deux autres…) pilote. Sauf p’tete avec un Michael en mode « ugly ». La thèse de la surprise ou du manque de vision ne tient pas. La McLaren sort mieux du virage précédent et se porte graduellement à hauteur dans la ligne droite, sur la gauche de la Ferrari, légèrement en retrait. C’est téléphoné, logique. Massa le sait : il freine même un peu plus tard que l’Anglais (c’est pour cette raison qu’il ne le heurte qu’au niveau de la roue arrière : sinon, c’était avant du ponton). Ce qui est logique. Ce qui ne l’est pas, c’est qu’il braque comme s’il était seul. Pensait-il que Hamilton allait céder ? Je pense que s’il avait pu, vu le contexte et sa volonté de calmer le jeu, il l’aurait fait. Mais engagé comme il l’était, il ne pouvait pas. Le geste de Hamilton veut tout dire : « Tu veux que je fasse quoi, quand tu fais ça ? ». Lewis aurait pu attendre. Mais ce sont des pilotes : quand ils voient le trou, ils tentent et sont payés pour ça. Et cette fois-ci, la faute est imputable à Massa.

D’où la question que je me pose : Felipe Massa est-il un pilote assez fort dans sa tête pour faire face à une double rivalité, avec Fernando Alonso dans son team, et plus personnellement avec Lewis Hamilton sur la piste ? J’ai comme un doute, sur un pilote que pourtant j’apprécie beaucoup, mais qui file du mauvais coton. Où est passé ce Felipe enthousiaste et insouciant ?  C’est  ça  qui  me  chagrine  :  il y a du vice dans ce Massa-là. Dans un coin de mon esprit, j’ai cette phrase de Mika Häkkinen après son accident à Adélaïde en1995 : « C’est comme si j’avais quitté le monde de l’enfance en une fraction de seconde pour devenir adulte. » Peut-être que ce ressort a fait de Felipe un adulte. Un adulte inquiet, mal dans sa peau, et en proie au doute.

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