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Nico the Ugly

24 avr

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Si vous aviez une seule chose à retenir de cette course, ce serait quoi ? Le premier podium de Romain Grosjean ? Le retour en forme du duo Vettel/Red Bull ? Ou les deux actions qui ont vu Nico Rosberg envoyer joyeusement Alonso et Hamilton aux fraises ? En ce qui me concerne, c’est très clair : mais bon Dieu, quelle mouche a piqué Nico Rosberg ? Si les mêmes gestes avaient été l’oeuvre de l’autre Mercedes, on aurait hurlé à l’infâme ordure. Et Schumacher n’aurait pas coupé à sa sanction. Je suis navré (mais pas surpris) de voir qu’on a autant bavé après la manoeuvre de Schumacher en Hongrie face à Barrichello, pour valider un tel geste deux ans plus tard. Parce que c’était un mur ? Sauf que même si c’était moche et inutile, il y avait la place. Là, non. En réalité, Rosberg, par deux fois, a failli causer un gros crash. La première méritait un drapeau noir et blanc, la deuxième un drapeau noir. La non-réaction des instances est aussi risible et orientée que la réaction d’Alonso est justifiée. En parlant de l’Espagnol, son compte Twitter est une bonne surprise, je vous le conseille : on y découvre un Alonso subtil, malicieux et drôle. En tous les cas, si le dégagement avait été herbeux, on avait droit à un énorme carton. Et au moment où Rosberg fait ça, il ne peut pas savoir à quel point cette zone est poussiéreuse (ou non) et glissante (ou non).

Il prend le risque, et tant pis pour les autres. Pourquoi ne pas l’avoir sanctionné ? La première raison, c’est un manque de courage évident. Appelons un chat un chat : on ne veut pas fâcher Stuttgart, quitte à tutoyer le ridicule. Or, la deuxième action se produit parce que la première n’est pas sanctionnée. La responsabilité des commissaires est engagée, et Emanuele Pirro n’a certainement pas fait son travail en ne soulignant pas assez la soudaineté de la manoeuvre. La deuxième, c’est que la règle ne le prévoit pas, tout bêtement. Le règlement oblige à un seul changement de ligne, et à laisser l’espace d’une machine sur le replacement. Ce que Rosberg a fait : un seul changement de ligne, et la place à sa gauche au freinage suivant. Rosberg a su jouer de la règle. Après, la règle pure est une chose, le bon sens et la mise en danger de l’adversaire en est une autre. Le pilote dans le jury est là pour ça. Lorsque le verdict des commissaires précise que le mouvement de Rosberg n’est pas saccadé, on tutoie la débilité profonde : il ne peut être saccadé car l’Allemand vient fermer le plus vite possible l’angle. Donc en effet, pas saccadé. Mais brutal et imprévisible puisqu’il ne va même pas chercher le vibreur extérieur comme les autres tours du virage 3.

Ou le geste est pourri, c’est à deux titres : Rosberg surprend Alonso comme Hamilton, qui arrivent en sortie de virage en survitesse et collés aux échappements de la Mercedes. Ils ont le choix entre le contact et la sortie de piste. Rosberg prend le risque lui aussi de se faire percuter. Le reste est une affaire de réflexe. Rester à côté ou non relève de la décision, par contre. J’aurais également mis une pénalité à Hamilton, qui a doublé hors piste : « A con, con et demi » est un principe très dangereux dans un sport où on peut mourir. Pas que la manoeuvre soit dangereuse : elle est stupide, et c’est typiquement le genre de passe d’armes où il est bon de rappeler les limites. A tout le monde. Ensuite, Rosberg voit très bien que son adversaire est à côté. Au lieu de le laisser revenir sur la piste, il met les deux roues sur la bande blanche. C’est ce détail qui me fait dire qu’il maitrisait la manoeuvre de A à Z et qu’il avait parfaitement conscience de la position délicate de ses challengers. Ce n’est pas à son honneur. Encore une fois, si Hamilton perd sa McLaren ou Alonso sa Ferrari dans la poussière, il se passe quoi ? Qui sait comment retombe une F1 qui décolle par imbriquement des roues ?

Pourquoi avoir fait ça ? J’ai mon idée. Rosberg vient de gagner sa première course, et fort logiquement, une dose supplémentaire de confiance arrive avec. C’est humain. A lire son discours après la qualifs, je pense qu’il croyait la victoire possible. En course, son rythme est rapidement venu doucher ces ambitions là. Déception, et retour sur terre. Il ne faut pas oublier qu’en Chine, il a survolé le week-end, qu’on parlait d’une possible domination de Mercedes à la régulière, et que certaines voix se sont élevées (dont Berger) pour dire que Nico était mûr pour le titre. Le dimanche suivant, vous vous apercevez que vous allez prendre 50 secondes dans la tronche. Dur dur. Peut-être un peu de déception et de frustration. En tous les cas, ce n’est pas une raison pour faire des choses comme ça. Après, je ne suis pas surpris. Hamilton et Schumacher sont des pilotes très surveillés. Des gens comme Webber ont continué pendant ce temps à faire de jolies saloperies dans l’indifférence la plus totale. Ce week-end, Rosberg a formidablement démontré qu’on pouvait se permettre n’importe quoi à condition d’avoir une allure de jeune premier et les appuis qu’il faut en haut. Qu’il se méfie quand même : Alonso est du genre rancunier et à ce qu’il faut entre les jambes pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Chez McLaren, on s’en souvient. Et ce sera pas volé.

#3 Au sein des teams (ap Shanghai)

18 avr

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Cette rubrique va reprendre les écarts entre équipiers. La règle d’évaluation, c’est la reprise de la dernière séance de qualifs courue ensemble. De manière à ce que les casses and co n’impactent pas trop le classement. On ne devrait pas trop voir d’écarts énormes.

En Chine, on a vu un retour à l’ordre antérieur, en particulier chez Mercedes : le futur vainqueur avait frappé fort dès les qualifs, alors que Di Resta et Räikkönen confirme que Melbourne était un accident de parcours. Ailleurs, on a des 3-0. Très étonnant chez RBR, où Marko a admis que Vettel était plus sensible au comportement de la machine que Webber. L’écart est faible, mais constant, alors qu’il remonte chez McLaren. Ailleurs, ça tend à l’homogénéité. Signe que l’écart entre les pilotes du plateau est très faible : la demi-seconde est le chiffre « régulier » qui revient.

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Les écarts

Pilote 1 (Q en tête) <écart moyen (écart cumulé) > (Q en tête) Pilote 2

Michael Schumacher (2) < 0"018 (0"053) > (1) Nico Rosberg
Nico Hülkenberg (1) < 0"110 (0"331) > (2) Paul di Resta
Mark Webber (3) < 0"168 (0"504) > (0) Sebastian Vettel
Kamui Kobayashi (2) < 0"187 (0"562) > (1)  Sergio Perez  
Pastor Maldonado (3) < 0"238 (0"715) > (0) Bruno Senna
Heikki Kovalainen (3) < 0"271 (0"814) > (0) Vitaly Petrov
Lewis Hamilton (3) < 0"287 (0"866) > (0) Jenson Button
Romain Grosjean (1) < 0"353 (1"058) > (2) Kimi Räikkönen
Pedro de la Rosa (3) < 0"493 (1"478) > (0) Narain Karthikeyan
Timo Glöck (3) < 0"510 (1"529) > (0) Charles Pic
Daniel Ricciardo (3) < 0"516 (1"549) > (0) Jean-Eric Vergne
Fernando Alonso (3) < 0"543 (1"628) > (0) Felipe Massa

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Sujets chauds, idées furtives

12 avr

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Bad Vettel Je suis rassuré. Je commençais à me dire que le paddock allait enfin apprécier le travail d’un pilote qui survole (survolait…) la discipline. Les critiques qui se sont abattues sur Vettel après son écart de langage contre Karthi m’ont rassuré. Comme Schumacher à l’époque, le petit Seb sera de la confiture donnée aux cochons. Oui, il s’est montré condescendant, excessif, buté et soupe au lait sur ce coup-là. Ce qui n’est ni très sympa, ni très adroit de sa part. Et après ? A l’époque du formatage, un peu de logique conduirait à une certaine bienveillance au moment de voir un pilote sortir du carcan corporate, nous faisant entrevoir son caractère, ses travers, etc… Moi, ça m’a plu. Comme je l’ai toujours, on ne connait que les coins du tableau Vettel, qui se révèlera dans la difficulté. C’est un humain – seuls les moins cérébrés seront surpris, qui s’est comporté comme tel. Et puis on ne devient pas double Champion du Monde de Formule 1 en se farcissant « Oui-Oui au jardin rose » en longueur de journée. Donc derrière, il y a forcément du caractère, de la dureté, de l’intransigeance. Un état de fait qui ne doit pas occulter la réalité : la vraie connerie, c’est Narain qui l’a faite sur la piste en gâchant la course de l’Allemand. Et en dehors en n’ayant même pas le courage de présenter ses excuses. La colère est une chose. Le principal reste d’avoir raison sur le fond. Je ne vois pas ce qu’il y a à reprocher à Sebastian. J’ai dit.

Dead Massa. J’ai du mal à enterrer Massa, ou à le critiquer trop durement. L’écart avec Fernando Alonso est trop important pour être révélateur ou rationnel. La vérité est ailleurs, probablement dans la tête du Brésilien. De ce point de vue, peut-être qu’être écarté est la meilleure chose qui pourrait lui arriver. Mais Felipe me paraît dans la situation du mari cocu qui aime certes encore un peu sa femme, mais qui doute surtout de sa capacité à en séduire une autre. Il fait un joli bouc-émissaire quoi qu’il en soit : le problème actuel de la Scuderia, c’est la machine, simplement indigne d’un prétendant au titre. Si c’est toujours la même musique en Catalogne, ça devrait chanter fort et clair (à défaut de juste) chez Ferrari. Avec El Nano dans le rôle de la Castafiore.

Rubens Baaaaaaah-rrichello. On reste chez Ferrari un moment. Vous avez relevé l’appel du pied grossier de Rubens Barrichello en direction de la Scuderia Ferrari ? En substance : « S’ils m’appelaient, j’irais. » Si Ferrari n’avait pas pensé à cette solution de fortune pour remplacer Massa, c’est fait. Quand on sait que Barrichello a bavé sur Ferrari pendant des années suite à son départ, ça laisse rêveur. Quand on sait que Barrichello et Massa sont amis, ça fout tout simplement la gerbe. Barrichello n’a pas changé : larmoyant, sans fierté ni intelligence. Pas dit qu’Alonso voudrait le bouffer de toute façon : quoique tendre, la chair n’est plus toute fraîche. Pour un prédateur de son calibre, il faudra trouver mieux (et attendre que Sauber libère Perez, probablement).

L’énigme Mercedes. Un bond. Voilà ma réaction en lisant Ross Brawn qualifier d’énigme » le manque de performance de la W03 en course. C’est pourtant pas bien compliqué : le principal argument de la machine – quoique pas si mal née, c’est son W-duct, un dispositif utilisable qu’en qualifs ou presque, car subordonné au déclenchement du DRS. D’où une bonne dose d’appui « gratuit » en qualifs. En course, où la voiture est livrée à ses défauts, elle massacre ses pneus, au mieux à cause d’une fenêtre d’exploitation optimale réduite (mouais…), au pire à cause d’un équilibre perfectible (voir les déclarations de Rosberg en Australie). Perso, je penche pour la seconde version. D’ici trois ou quatre grands prix, ça risque de souffler un peu à Stuttgart. Heureusement que c’est pire chez Ferrari.

Comme on est restés chez Ferrari, on va rester un peu chez Mercedes AMG : W-duct, légal ou non ? Pour moi, pas légal. A part le DRS, aucun élément aérodynamique mobile a l’initiative du pilote n’est toléré en F1. L’argument de Mercedes est de dire que c’est l’activation du DRS qui active le W-duct. Bien. Mais qui l’active à sa discrétion, le DRS ? Le pilote. Donc illégal. Le W-duct de Mercedes ne pourrait être légitimement légal que si le DRS s’activait automatiquement, lorsque par exemple la double condition de distance et de zone est simultanément satisfaite. Mais ce n’est pas le cas. Donc c’est un petit arrangement entre amis, qui prévaut probablement parce que Mercedes n’est pas en mesure de dominer le plateau.

« Ma saison commence maintenant. » Celle-ci, c’est simple, je l’adore. C’est ma préférée du Grand Lexique de la Langue de Bois, dont la traduction dans le langage usuel est : « Je me suis fait bouffer jusqu’ici par mon coéquipier, donc j’ai besoin d’un gros résultat rapidement, sans quoi ma réputation va prendre une sacrée claque. » En général, on l’entendait plutôt au retour en Europe, Imola dans les années 90, puis Barcelone ensuite. Sauf que même si le Circus est une bulle hérmétique, le « Pouf pouf, on n’oublie tout et on recommence » n’est pas encore possible. La saison est donc bien entamée, et mal entamée pour certains. Rosberg s’est aussi laissé aller à ce travers, mais dans la bouche de Romain Grosjean, c’est encore plus savoureux. Car derrière, le Français indique qu’il ne compte rien changer à sa façon d’aborder les courses. La bonne nouvelle, c’est pour ses mécaniciens de Lotus GP, qui ne sont pas près de ravitailler sa Lotus. Sinon, la vie est curieuse : ce sont les deux équipiers des deux revenants. Un hasard, ou on a sabré le champagne un peu tôt en ne se méfiant pas de l’eau qui dort ?

#2 Au sein des teams (ap Sepang)

28 mar

Cette rubrique va reprendre les écarts entre équipiers. La règle d’évaluation, c’est la reprise de la dernière séance de qualifs courue ensemble. De manière à ce que les casses and co n’impactent pas trop le classement. On ne devrait pas trop voir d’écarts énormes. Concernant la Malaisie, les tendances australiennes se sont confirmées y compris les plus étonnantes (cf Mercedes et RBR). L’exception qui confirme la règle est l’oeuvre de Kimi Räikkönen. Joli. Tout devrait rentrer “dans l’ordre” d’ici le retour en Europe. Les confrontations chez STR et Williams sont gênantes pour les “dominés”. Senna a l’excuse du vendredi matin et Vergne une année de F1 de moins dans les pattes, à charge à eux de retourner la tendance. Détail amusant : l’écart entre les deux pilotes McLaren est exactement l’écart communiqué par l’équipe. Rendez-vous en Chine.

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Les écarts

Pilote 1 (Q en tête) <écart moyen (écart cumulé) > (Q en tête) Pilote 2

Mark Webber (2) < 0"086 (0"173) > (0) Sebastian Vettel
Sergio Perez (1) < 0"089 (0"178) > (1) Kamui Kobayashi 
Lewis Hamilton (2) < 0"150 (0"301) > (0) Jenson Button
Heikki Kovalainen (2) < 0"300 (0"600) > (0) Vitaly Petrov
Michael Schumacher (2) < 0"311 (0"623) > (0) Nico Rosberg
Pastor Maldonado (2) < 0"354 (0"709) > (0) Bruno Senna
Nico Hülkenberg (1) < 0"379 (0"759) > (1) Paul di Resta
Daniel Ricciardo (2) < 0"384 (0"768) > (0) Jean-Eric Vergne
Pedro de la Rosa (2) < 0"444 (0"889) > (0) Narain Karthikeyan
Romain Grosjean (1) < 0"531 (1"063) > (1) Kimi Räikkönen
Timo Glöck (2) < 0"547 (1"094) > (0) Charles Pic
Fernando Alonso (2) < 0"677 (1"355) > (0) Felipe Massa
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Sepang, pilote par pilote

26 mar

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1er – Fernando Alonso (Ferrari) Du grand Alonso en mode Champion du Monde. Opportuniste, rapide et ayant misé sur la pluie. A certainement gagné la course en rentrant quand Perez faisait la jonction. Gros malin, va. Bravo.

2eme – Sergio Perez (Sauber) Méritait cette sublime victoire, mais un passage au large de trop. Impressionnant, opportuniste, rapide et ayant certainement misé sur une piste sèche. Quand Horner dit que la Sauber était la plus rapide en piste (une belle déclaration d’andouille), on se dit quand même que certains, dans le paddock, devraient garder à l’esprit que le pilote fait aussi deux trois petites choses. Ce duo de tête le montre.

3ème – Lewis Hamilton (McLaren) Course solide mais… une nouvelle pôle de gâchée. Moins d’attaque, plus de points, et l’avantage sur Button au championnat. Un petit souci aux stands lui a fait perdre du terrain. Bonne opération.

4ème – Mark Webber (RBR) Pas mal pour un numero 2. Rapide sur le sec en fin de course. Fait souffrir Seb, n’a rien perdu de son pilotage. Tant mieux.

5eme – Kimi Räikkönen (LRGP) Aurait encore pu mieux faire sans la pluie. Tres rapide sur le sec en fin de course avec le MTC en prime. Qu’il est fort ce pilote.

6eme – Bruno Senna (Williams) Remise de pendules a l’heure ! Réveil en milieu de course, tres rapide ensuite. Probablement, un set sec car anonyme en début de course. A prouvé quelques petites choses : on va finir par l’appeler Bruno, c’est sûr.

7eme – Paul du Resta (Force India) On n’a peu vu 10 Resta, qui a commis une course de vieux briscard en restant loin des ennuis. Pas de faute, un sage duel avec Hulki, et de gros points.

8eme – Jean Éric Vergne (STR) Bluffant en intermédiaires (7eme au restart), rapide tout au long de l’épreuve. Un peu de chance aussi (pas d’arrêt du fait de l’interruption), mais c’est sûrement lui, le Français a suivre. L’important également, c’est qu’il s’est montré à son management, et chez STR, c’est important pour la suite. Bravo JEV.

9ème – Nico Hülkenberg (Force India) A fait une course sage et sans faute, à l’image de celle de son équipier. Un peu déçu pour ma part, car il me semble que Nico est toujours brillant dans ces conditions. Ce n’est pas Perez que j’attendais si costaud : c’était lui. Ce sera pour la prochaine fois.

10eme – Michael Schumacher (Mercedes AMG) Excellent en Q3, a tout perdu par la betise de Grosjean dans le virage 3. A sauvé ce qu’il a pu mais l’usure des pneus est vraiment inquiétante. M’est avis que chez Schumi, on avait misé sur l’assèchement de la piste. Quel manque de réussite, quand même.

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11ème – Sebastian Vettel (RBR) En dedans. Devancé par Webber tout le week-end. A vu sa course pourrie par une HRT qui a cisaillé son pneu arriere gauche en fin de course. Le prédateur est blessé et souffre encore de l’interdiction du double diffuseur. “Certaines personnes auraient besoin de regarder davantage où elles vont“. Premiers signes de nervosité pour le gendre parfait.

12ème – Daniel Ricciardo (STR) Dans une course comme celle-ci, il y a des cocus, et l’Australien en fait partie. Volait à un moment de la course, en intermédiaires. Comme beaucoup de ses camarades, a souffert de la tenue (non-tenue) des intermédiaires. N’est pas Perez qui veut.

13eme – Nico Rosberg (Mercedes AMG) Nico s’est éteint au fil de l’assèchement de la piste. Une stratégie baroque a fini de le plomber. Ses gommes donnaient l’impression de bruler. Dur. Ce qui est étonnant, c’est qu’il souffre encore plus des caractéristiques de sa machine que son équipier. C’était pas prévu, mais il va revenir.

14eme – Jenson Button (McLaren) Semblait parti pour gagner comme il sait le faire : tout en toucher. Puis la belle machine s’est enrayée, et l’Anglais a percuté la HRT de Karthikeyan sous la pression de son équipier. Etonnant de sa part. A peut-être relancé Hamilton. L’erreur qui va peut-être tout changer. Ou pas.

15ème – Felipe Massa (Ferrari) Sergio m’a tuer. Blague à part, l’écart avec Alonso est si grand que le problème n’est pas le pilotage. Se faire virer, c’est peut-être ce dont il a besoin, car il ne mérite pas ça.

16ème – Vitaly Petrov (Caterham) A tenu Massa un long moment. Belle course, vu son matériel.

17ème – Timo Glöck (Marussia) Pour placer sa machine en 17ème position, il a dû cravacher, Timo. Quand j’y pense, entre la Jordan de 2004 et celle-ci, il en aura piloté un paquet, de GP2.

18ème – Heikki Kovalainen (Caterham) Pas vu. Pas vu du tout.

19ème – Pastor Maldonado (Williams) Fautif en Australie, malchanceux en Malaisie. De la nécéssité de prendre des points quand ils se présentent. Je suis quand même agréablement surpris de ses performances, sincèrement, surtout en qualifications. Encore trop brouillon en course, mais ça vient.

20ème – Charles Pic (Marussia) ; 21ème Pedro de la Rosa (HRT) Franchement, pas vus.

22ème – Narain Karthikeyan (HRT) En voyant l’air hilare de l’Indien dans sa voiture pendant l’interruption de course (10ème), je me suis demandé ce que ça allait donner par la suite. Résultat, Narain s’est illustré en rétrogradant (normal, ça) puis en pourrissant la course de Vettel. Je ne crois pas qu’il soit pour quelque chose dans l’accrochage avec Button. En revanche, ne pas avoir dit un mot pour Vettel à la descente de sa voiture est douteux. Avec Grosjean, ils ont peut-être fait un concours.

AB – Kamui Kobayashi (Sauber) Course pourrie par une stratégie bancale, et des problèmes de freins qui ont finalement eu raison de sa course. Ca fait spécialement mal quand son équipier termine sur le podium et prend 18 points. Ca ne va pas faciliter la comparaison. Kamui s’est montré beau joueur en se déclarant content pour l’équipe et Sergio. Allez, courage.

AB – Romain Grosjean (Lotus) Rapide en qualifs, calamiteux en course, encore plus insupportable un micro devant la poire. “Schumacher ran into me”. En étant devant. C’est fort, très fort. Vous regarderez aussi le départ, et cette façon de slalomer entre les voitures. Ca fait 0-16 et ça n’est que justice. Pas assez pour envisager une remise en question, manifestement.

#1 Au sein des teams (ap Melbourne)

17 mar

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Cette rubrique va reprendre les écarts entre équipiers. La règle d’évaluation, c’est la reprise de la dernière séance de qualifs courue ensemble. De manière à ce que les casses and co n’impactent pas trop le classement. On ne devrait pas trop voir d’écarts énormes. Concernant ces qualifs, GRO fait une énorme perf, à tel point que je pense que c’est lui qui fait la diff sur les deux pilotes Mercedes. Soit Red Bull a une botte secrète, soit ils sont… trop lents. Je vois quand même VET sur le podium demain. Je crains également un premier virage un peu chaud entre le rookie GRO et le vétéran MSC qui voudra marquer son territoire et aller chercher le podium. Il faudra passer le Français au départ, sous peine de se retrouver sous la menace d’un trident redouble : les deux Red Bull et le redoutable ROS, qui n’est pas devenu mauvais mais à fait une erreur dans le T2 dans son dernier tour rapide. Mon prono : HAM, VET, MSC, BUT, ROS, WEB, GRO, ALO. Sinon, la lenteur de la HRT a à mon sens autant à voir avec les pilotes que la machine.

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Les écarts

Mark Webber (1) < 0"017 (0"017) > (0) Sebastian Vettel
Daniel Ricciardo (1) < 0"110 (0"110) > (0) Jean-Eric Vergne
Pedro de la Rosa (1) < 0"148 (0"148) > (0) Narain Karthikeyan
Lewis Hamilton (1) < 0"152 (0"152) > (0) Jenson Button
Heikki Kovalainen (1) < 0"339 (0"339) > (0) Vitaly Petrov
Michael Schumacher (1) < 0"350 (0"350) > (0) Nico Rosberg
Kamui Kobayashi (1) < 0"414 (0"414) > (0) Sergio Perez
Pastor Maldonado (1) < 0"457 (0"457) > (0) Bruno Senna
Timo Glöck (1) < 0"747 (0"747) > (0) Charles Pic
Nico Hülkenberg (1) < 0"772 (0"414) > (0) Paul di Resta
Fernando Alonso (1) < 1"003 (1"003) > (0) Felipe Massa
Romain Grosjean (1) < 1"260 (1"260) > (0) Kimi Räikkönen
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Sebastian les a aimées

2 mar

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Après quelques billets relativement sérieux, je vous propose de revenir à un mode un peu plus déconnatoire, parce que ça fait du bien, de temps en temps. Habituellement, Vettel a relativement rarement l’honneur de figurer dans mes billets : la perfection ne se commente pas, elle s’admire, et il faut bien reconnaître qu’à ce stade de son oeuvre, on est pas loin du sans-faute. Cet après-midi, en suivant d’un oeil la première journée des essais d’intersaison à Montmelo, je suis tombé un échange plutôt sympa sur autosport.com (un must, d’ailleurs : mise à jour régulière, pas mal d’infos en corollaire, et quelques traits d’humour pince sans rire qui ne gâchent rien). Suffisant pour mettre le doigt sur un gros dossier : non seulement Sebastian entretient une relation charnelle douteuse avec ses machines, mais en plus, il leur réserve des fins pour le moins… contrastées. Erotomane ou meurtrier en puissance ? Exploration de la face cachée du palmarès de Vettel. Je le savais, qu’on l’aurait…

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Julie – Toro Rosso STR3 (2008 – 13 courses, à partir de Monaco, jusqu’à la fin de saison)

Quand Sebastian a rencontré Julie, tout n’allait pas bien. Sébastien Bourdais se montrait à son avantage sur la STR2B, et Sebastian n’était pas encore Vettel. Entre Seb et Julie, le coup de foudre fut immédiat, celle-ci envoyant un méchant rateau à son équipier français lors de son premier roulage à bord. Le début de la dégradation de ses relations avec le team… et de l’envol de l’Allemand. Une cinquième place à Monaco en guise de parade nuptiale et cinq entrées dans les points consécutives entre les GP d’Europe et du Japon (un exploit pour la petite équipe italienne) avec en guise d’apothéose une première et retentissante victoire à Monza sous la pluie, en partant de la pole. La seule de l’équipe à ce jour.

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Kate – Red Bull BR5 (2009 – 1 course, Grand Prix d’Australie)

Une passade mal à propos. Dès Melbourne, la lune de miel prit fin. Après une qualification à l’intérieur de la deuxième ligne derrière les deux Brawn (qui préfigurait déjà la physionomie de la saison entière), Vettel demanda trop à la pauvre Kate en course en ignorant gentiment Kubica sur sa BMW moche et mal née au moment de résister au retour du Polonais. Carbone contre carbone, la pataude allemande eut le dessus, et Seb finit sa journée dans le rail, et célibataire : en plus d’avoir perdu ses bijoux sur la piste de danse causant un safety car, Kate était bonne pour l’hôpital. Il ne la revit pas en course.

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Kate’s Dirty Little Sister – Red Bull BR5 (2009 – 16 courses, de la Malaisie jusqu’à la fin de saison)

La petite soeur cochonne eut plus de réussite aux mains du pilote allemand : 8 podiums, 4 victoires et une place de Vice-Champion du Monde derrière Jenson Button. Mais l’épisode Kate (seul châssis avec lequel Sebastian n’a pas remporté de course, ce qui est proprement exceptionnel) a coûté cher à Vettel dans la course au titre. Comme la Brawn, Kate 2 brillait par l’absence de KERS face aux McLaren et Ferrari. L’apologie du régime amincissant cheap face aux rondeurs fortunées italiennes et britanniques.

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Luscious Liz – Red Bull RB6 (2010 – 6 courses, jusqu’au Grand Prix de Monaco)

Parfois, dans une relation, on sent immédiatement que quelque chose cloche. En voyant son équipier australien le laminer consciencieusement en début de saison, Sebastian a dû se dire plus d’une fois que Liz n’était pas son type. Un examen approfondi de la belle après le Grand Prix de Monaco mis un terme à une relation mal engagée : défaut structurel au niveau du châssis. Liz rendra cependant un fier service à Seb en fin de saison, en étant réattribuée à Mark Webber, une fois – soit-disant, le défaut corrigé. Webber ne retrouva jamais son niveau de première partie de saison.

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Randy Mandy – Red Bull RB6 (2010 – 13 courses, de la Turquie jusqu’à la fin de saison)

Ils se marièrent et eurent beaucoup de points. On dit que derrière un grand homme, il y a toujours une femme. Derrière le Champion du Monde Vettel, il y avait Mandy, L’histoire fut langoureuse : 10 poles, 10 podiums, 5 victoires. Evidemment, Mandy n’avait pas que des qualités, et planta son cavalier pour cause de mal de tête en plusieurs occasions. Mais il était écrit que c’était pour eux. Outre sa monture et son talent, Vettel et Mandy durent leur consécration à la défaillance conjointe de Webber en fin de saison (Liz ?), et de Ferrari à Abu Dhabi pour rafler la mise. Un petit bémol.

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Kinky Kylie – Red Bull RB7 (2011 – 19 courses, saison complète)

Sebastian a commencé par une maladresse : en déclarant qu’elle lui rappelait Mandy, Seb a probablement piqué Kylie au vif. La belle, pour lui prouver qu’elle valait bien mieux, s’employa à l’envoyer au septième ciel tous les quinze jours. 15 poles, 18 podiums, 11 victoires, et une suprématie que l’on avait pas vu depuis Michael Schumacher et ses pas de danse avec les belles italiennes. Pas l’ombre d’un nuage au cours de cette saison. Que la prochaine se le dise : il lui sera bien difficile de remplacer Kylie dans le coeur du jeune allemand.

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Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler cette phrase de Vettel, après pourtant sa première victoire en F1. Le journaliste, ne sachant pas encore à qui il avait affaire, n’eut pas peur du cliché en lui suggérant qu’il vivait “sûrement” le “plus beau jour de sa vie”. La réponse fusa : “Eh bien, le plus beau jour de ma vie c’était… ah, mais vous n’étiez pas là ! C’est lorsque j’ai perdu ma virginité.” Et je ne suis pas sûr qu’il parlait de sa rencontre avec Julie. Comme quoi, une victoire en Formule 1…

Génial mais fou (ou l’inverse)

28 fév

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Je suis retombé sur cette vidéo en cherchant totalement autre chose. De plus contemporain. Seul commentaire en la regardant : “Bordel !!!”. J’ai le sentiment d’avoir fait des billets pour beaucoup moins !

PS : notez l’effet miroir…

Bruits de couloir

26 fév

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Le prochain vrai billet (par « vrai », j’entends le prochain qui m’a nécéssité un peu de recherches et de boulot) sera sur Sebastian Vettel, et ses fiancées à quatre roues. Celui-ci, c’est plus le tour des popotes. Très peu de considérations sur la hiérarchie, mais c’est voulu.

Un loup dont on ne parle pas beaucoup sur la Mercedes W03 : la machine consommerait à l’excès ses gommes avant, comme la W01 de 2010. Détail croquignolet : c’était exactement l’inverse sur la W02. Problématique sur les longs relais, et non résolus dixit Nico Rosberg à la fin des essais de Barcelone.

A Maranello, on commence à respirer un peu. Des débuts difficiles, un changement de l’emplacement des échappements, une nouvelle direction de set-up. A présent, tout semble aller mieux mais Alonso demeurait inquiet à son départ de Catalogne : « exit of corners is one area where we are struggling, yes « . La bonne nouvelle par contre, c’est qu’il semble que la F2012 mette correctement en température ses gommes. Contrairement à ses deux devancières.

Chez McLaren, on n’a pas dévié du chemin initial (ni nez cassé, ni tentatives côté échappements), bon ou mauvais. Très peu d’upgrades entre Jerez et Barcelone. Je tiens de quelqu’un sur place que la McLaren avait l’air spécialement équilibrée dans les courbes rapides. Le chrono ne le confirme pas, le discours de Hamilton non plus.

La FW34 a été une des grandes animatrices de ses essais, malgré des faiblesses dans les portions lentes. Senna a précisé que la traction était satisfaisante. Maldonado, lui, a carrément été élogieux (« quick »), sachant qu’il tient en comparaison la machine de l’an dernier. Je pense toujours qu’on a voulu se montrer chez Willams, mais qu’on a des chances de les retrouver plus proches du groupe Lotus-Force India-Mercedes. Peut-être également qu’il n’y a que peu d’écart entre les moteurs… sauf entre le Cosworth et les autres.

Pour moi, la vraie inconnue, ce n’est même pas Williams, c’est STR. Le vivier fera peau neuve cette saison et la dernière fois que ce fût le cas (2008 avec Vettel), le soutien de la maison-mère s’est fait plus consistant. Et Vergne et Ricciardo valent le coup. En plus, STR aurait opté pour une solution un peu différente de la concurrence au niveau du diffuseur. Ca fait assez d’élements concordants pour les surveiller

La nouvelle HRT a passé ce week-end le crash-test de la FIA. Soit avec un retard de 6 à 8 semaines sur la concurrence. Outre le fait qu’elle sera larguée, je doute qu’on la voie en Australie.

Et pendant ce temps chez Red Bull ? Tout va bien. De bons chronos effectués sans forcer et au train, des simulations de courses qui se sont parfaitement déroulées… Cerise sur le gâteau : Webber parle de gagner Melbourne et Monza. Et le titre alors ? Penserait-il déjà comme un numéro 2 pour le plus grand plaisir de Christian Horner ? En ce début de saison 2012, je trouve que Mark a pris un coup de vieux, amaigri, notamment. J’espère me tromper.

Bruno Senna, Williams…

27 jan

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Un billet sur Bruno Senna, puisque c’est un des sujets brûlants du moment. Autant le dire tout de suite, je suis un peu gêné au moment d’évoquer l’arrivée de Bruno chez Williams et je ne l’aurais pas fait spontanément. Rien à voir avec ses talents de pilote : il n’a pas moins sa place qu’un Petrov, qu’un Pic, qu’un D’Ambrosio ou autres. Dans mon esprit, il n’est pas « Celui-qui-est-là-à-cause-de-son-nom-mais-ne-veut-pas-tripette » mais davantage « Celui-qui-a-été-contraint-de-mettre-entre-parenthèses-sa-carrière-10-ans-durant-sur-ordre-maternel-pour-cause-de-décès-en-série-chez-les-mâles-de-la-famille. ». Et qui est malgré tout arrivé en F1. Et qui a donc par conséquent montré un certain talent. Comme je fais partie de ceux qui croient au théorème « Bon sous la pluie, bon tout court. », la question de sa légitimité en F1 ne me pose pas de souci particulier. Quant à son nom, il est ce qu’il est : il en a autant profité que souffert, tout pesé. D’autant que des gens comme Matthias Lauda ont montré que ça aidait, mais que ça ne faisait pas tout non plus. Que la plupart des gens bloquent là-dessus… ça ne change rien au fait que je crois au talent du Brésilien pour devenir un bon petit pilote de F1.

Si on est un peu rationnel, il aurait dû faire quoi, Bruno, alors qu’on lui offrait un volant en Formule 1 ?  « Tout bien réfléchi, je refuse. Objectivement, je ne suis pas aussi fort que mon oncle, donc je pense que mon vrai niveau, il est bien en dessous. Je vais aller courir en Supertourisme brésilien. Prenez Barrichello, il est super sympa, et l’expression niaise de son visage quand il sourit attendrit le paddock. » Après, il faut reconnaître également que ses performances jusqu’ici n’en faisaient pas un choix indiscutable. En réalité, ce qui me retourne un peu plus, c’est le choix de l’équipe. Voir un Senna payer pour rouler au volant d’une Williams-Renault, je suis désolé, je ne trouve pas que ce soit une belle histoire, un clin d’œil, ou quoi que ce soit. Il a eu l’occasion, il l’a saisie, très bien. Mais le résultat me déplaît. Comme voir des Lotus financées par des capitaux malais. Comme voir Renault mettre Bruno dans la voiture aux couleurs JPS… On est en 2012, et on cherche encore à exploiter la mort d’Ayrton. Alors qu’à la base, c’est une perte terrible pour ce sport, pour les fans, pour ses adversaires.

La F1, comme toujours, a retourné la situation en sa faveur, et exploite le filon autant qu’elle peut. Je m’attends à toutes sortes de singeries pour l’anniversaire des vingt ans de sa mort, qui nous mettront à tous une sacrée claque dans la gueule. Et ça, je trouve que c’est malsain. Si j’ai un reproche à faire à Bruno, c’est de ne pas mettre un frein à tout cela, au lieu d’évoquer candidement son oncle chaque fois qu’on le lui demande. Il faudrait penser un jour à dire « Je ne suis pas Ayrton, je suis Bruno. Le passé est le passé. ». Un sacré paquet de ceux qui l’encensent et/ou l’exploitent le traiteraient d’enfoiré ingrat. Mais ça aurait le mérite d’être couillu et réaliste. Au lieu de ça, le mimétisme se balade quelque part entre le malsain et le ridicule. Il n’est pas le seul responsable, c’est certain. Mais jouer à ce jeu est un peu cynique, volontairement ou non. Après, je lui souhaite le meilleur et, comme beaucoup de gens qui ont suivi Ayrton, j’ai beaucoup de tendresse pour lui. Il faudra pourtant bien qu’il sorte un jour ou l’autre de l’ombre de son oncle. Moins parce que ça l’entrave que parce qu’une mémoire, ça s’honore, ça se respecte, mais ça ne s’exploite pas. Selon ma conception des choses en tous les cas.

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